LE PETIT SINGE MONTE À LA TOUR

« Mon bureau est une machine portable. » (Jacques Jouet)

C’est dans bientôt que le petit Singe pliera boutique, et qu’on s’en ira voir là-bas si on s’y trouve.


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Photo : Hengki Koentjoro

La mère condamnée certes, mais à quelle échéance ? à quand au juste l’expiration ? sa date ? C’est une adversité comme à rallonge, un continuel aguet, on va traquant au jour le jour les signes – et si cette mâchoire qui enfle un peu c’était… et pourquoi cette fatigue, l’âge oui mais si c’était… le dos perclus si c’était… et ces répétitions ce soir au téléphone, un AIT encore ? Un AVC ? Doit-on aspirer plutôt à la longueur de temps dont on devine le terme lourd, marmiteux ; ou bien la brusquerie un jour, le départ sec & courtement ? Quoi qu’il en soit il faut courre. Et c’est la valse à certain nombre de temps des examens, des analyses, l’affût encore, le qui-va-là vain. Ce vendredi c’est répit léger, répit petit. Succinct sursis. Cette bonace éphémère, cette bonace fugace je la salue – “Yes I know that one day I must die / I’m alive” – sobrement, bellement avec la suavité de CAETANO VELOSO, qui vient sur scène de retrouver après vingt ans GIL – que ces illustres tropicalistes accompagnent aussi vos bonaces, vos coups de mer – leur double album est fait pour tous nos temps.

GEORGES PERROS
« La discipline, c’est d’aimer ce qu’on aime. »
Photo : Buster Keaton par Robert Doisneau

GEORGES PERROS

« La discipline, c’est d’aimer ce qu’on aime. »

Photo : Buster Keaton par Robert Doisneau

Avec Joëlle Olivier
Photo : Martine Franck

Avec Joëlle Olivier

Photo : Martine Franck

★ ★ ★ ANDRÉ FRÉDÉRIQUE ★ ★ ★
« Veux-tu jouer à la pirouelle
à la redouble au rat musqué
veux-tu jouer à la sauguette
au goligode au ziponblé
veux-tu jouer au jeu de l’ange
à l’œil-au-dos au mort parlant
veux-tu jouer à cache-mésange
à mouton-bêle à...

★ ★ ★ ANDRÉ FRÉDÉRIQUE ★ ★ ★

« Veux-tu jouer à la pirouelle
à la redouble au rat musqué
veux-tu jouer à la sauguette
au goligode au ziponblé
veux-tu jouer au jeu de l’ange
à l’œil-au-dos au mort parlant
veux-tu jouer à cache-mésange
à mouton-bêle à baille-au-vent
veux-tu jouer à croque-au-sel
au déserteur à la logorrhée
veux-tu jouer à l’espincelle
à tête d’or aux estropiés
veux-tu jouer au jeu de l’hombre
sur le mur blanc les mains croisées
veux-tu jouer à compter le nombre
des poissons-chats dans l’océan
veux-tu jouer à la marelle au cervelas
au pince-joue au tirela
au caviar à poisse-Dudule
au mirliton dans la pendule
à la lutte jaune au ramagot
à pousser grand-mère dans les lavabos
à pince-mie et pince-moi en bateau
à la paix royale au souci de sincérité
à la chaude-meurotte au jeu des abbés
à déformer le nom des ministres du culte
veux-tu jouer à la bataille des tomates
au pasteur protestant à la loupe à Tatate
à Zaine Phozieux au riz-pain-sel
au canard portugais à la marche en dentelle
à la lanterne froide au pharmacien comique
au domino sur glace à la pouille au chien de pique
au hoquet chinois à l’over armstroke
au loup garou au loup couché au loup vendu
au vilbrequin à l’aromé au cadavre exquis
au prote
au touche-zizi à la veule au cornac
à la pinacothèque à la petite marchande de canons
au frotteur de parquets champion de bridge plafond
au troume au solitaire à conazor
à la soutane à la peau de cochon au dieu Frouda
à la turidité au hussard de Bretagne à un
jeu polonais trouvé par Sienkiewicz
au pouce-cul au solfège aux deux soeurs de Barbaud
à mirer les alouettes à la morve au farcin
au mariage blanc au mariage vert à la guimauve
au jeu des gâteaux à madame Room
à l’officier prussien à l’eukonaze au bugle
à l’enfant naturel au knout au saladier

— Non, j’aime mieux étudier. »

(« L'enfant boudeur »)

Photo : William Vanderson

L’Homo Bulla du mercredi

L’Homo Bulla du mercredi

★ ★ ★  MARINA TSVÉTAÏÉVA ★ ★ ★
« D'un long mouvement, vous avez mis
Votre main dans ma main, et,
Tendrement, cette partie glacée
S'est attardée entre mes doigts.
À demi couchée dans un fauteuil,
Je tournais une bague sur mon doigt.
Je regardais de...

★ ★ ★ MARINA TSVÉTAÏÉVA ★ ★ ★

« D'un long mouvement, vous avez mis
Votre main dans ma main, et,
Tendrement, cette partie glacée
S'est attardée entre mes doigts.

À demi couchée dans un fauteuil,
Je tournais une bague sur mon doigt.
Je regardais de côté et goûtais
Par avance une altercation.

Vous avez pris une cigarette,
Moi, j'ai frotté une allumette,
Sans savoir ce que je ferais
Si vous me regardiez en face.

Je me souviens – au-dessus du vase bleu –
Du tintement de nos verres…
“Oh, soyez mon Oreste !”, et
Je vous donnais une fleur.

Cet éclair de vos yeux gris, et
Vous avez sorti du sac de daim
Noir, d'un geste long, un mouchoir,
Et vous l'avez laissé tomber? »

(L'amie)

Illustration : Pierre Bonnard, Nu à contre-jour

Et donc, le lundi huit du deux de l’an seize.

Et donc, le lundi huit du deux de l’an seize.

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❇ ❇ ❇ JACQUES JOUET ❇ ❇ ❇ – poème de métro :
“Faire coïncider un moment banal et un acte passionnel,
écrire et écrire tous les jours, dans le compartiment,
plutôt que du haut de la tour.”
Illustration : Édouard Vuillard, Le wagon de métro, c....

❇ ❇ ❇ JACQUES JOUET ❇ ❇ ❇ – poème de métro :
“Faire coïncider un moment banal et un acte passionnel,
écrire et écrire tous les jours, dans le compartiment,
plutôt que du haut de la tour.”

Illustration : Édouard Vuillard, Le wagon de métro, c. 1908-1909

La posture postère du vendredi
Photo : Marius Vieth

La posture postère du vendredi

Photo : Marius Vieth